françois gautier, ancien correspondant du Figaro en Inde, rédacteur en chhef de la Revue de l'Inde, publiée par les Editions de l'Harmattan, auteur d'une quinzaine de livres sur l'Inde

#CharlieHebdo, #Indes & @LeFigaro.fr

Jusqu’ici, le combat avec l’Islam a été un combat inégal, car quiconque osait critiquer l’islam était immédiatement banni aux rangs des pestiférés, des  intouchables.

J’ai moi-même souffert de ces étiquettes, lorsque j’ai couvert l’Inde dans les années 90 pour le Figaro.  Issu d’une famille catholique, arrivé en Inde par la route en 1969 (j’en ai tiré un livre ‘La Caravane Intérieure, aux Editions des Belles Lettres 2005), je n’avais aucune idée de la différence entre un musulman et un hindou ou un protestant.  Ce n’est que lorsque j’ai commencé à couvrir le Cachemire vers 1989, que j’ai découvert le vrai visage de l’islam lorsque 500.000 hindous furent chassés de la vallée du Cachemire, à coup d’assassinats, de viols et de menaces profèrees par le biais des haut-parleurs des centaines de moquées de Srinagar et de ses environs : « hindous ; convertissez-vous ou fuyez ». les Hindous qui ne sont les gens les plus courageux du monde choisirent la fuite et 400.00 d’entre eux dévirent des réfugiés dans leur propre pays – une première mondiale.  J’ m’appliquai égaiement à souligner le rôle du Pakistan, dont one savait pas à l’époque qu’il était le plus grand exportateur de terrorisme, à encourager le séparatisme kashmiri et à financer le Sunnisme le plus dur envers l’Inde.

 Vous pensez que le #Figaro est un journal de droite ? Vous vous trompez : en matière de politique étrangère, il n’y a guère de différence entre Le Monde et le Figaro. De plus, comme beaucoup de journalistes, j’ai dû faire face aux préjugés et aux idées arrêtées de mon rédacteur en chef – à l’époque Charles Lambroschini et du responsable Asie, Jean Leclerc du Sablon (décédé il y a deux ans). rappel des faits:

 Début janvier 1998, je publie dans les pages Culture du Figaro une série d’articles sur les religions en Inde. Jacques Chirac, qui lit ces papiers, me téléphone de Paris pour me dire qu’il les a beaucoup appréciés. Peu après, il vient en visite officielle en Inde et nous sympathisons. Cependant ces articles provoquent l’ire des indianistes du CNRS,qui défendent l'islam en Asie du sud et fustigent les hindous depuis 40 ans. Ceux-ci m’accusent de réécrire l’histoire de l’Inde et envoient lettre sur lettre  à la Direction du Figaro m’accusant d’être un « fasciste »

-       Mars 1999, Leclerc rentre de Chine. Commence à sabrer mes articles, dont les Chrétiens du Kerala (voir papier)

-       Avril 1999, je rencontre Leclerc en compagnie de Rousselin : très froid et inamical.

-       Septembre 1999, hurle au téléphone et engueule ma femme, alors que le papier commandé par Rousselin sur Arundhadi Roy a déjà été envoyé.

-       Mars 2000 : Leclerc vient en Inde faire des reportages : refuse toute collaboration avec moi, malgré mon offre de me mettre à sa disposition. M’agresse verbalement les deux fois que nous nous rencontrons

-       Leclerc dit au consul français de Bombay que je suis « out » et qu’il est « le prochain correspondant en Inde

-       Avril 2000 : publie ses reportages dans le Figaro sans me consulter et provoque l’ire du Président indien.

-       Avril 2000 Des journaux indiens me mettent en cause (voir papiers) et je me dissocie de Leclerc et non pas du Figaro, pour ne pas avoir des ennuis de visa.

-       Mai : Email de Pierre Bœuf, responsable légal du Figaro

-       Mai 2000, je passe à Bouillon de Culture pour mon livre « Un autre Regard sur l’Inde ».

-       Mai 2000, Rencontre à Paris avec Nathalie de Baudry, qui me sollicite pour collaborer à un numéro spécial Inde de la Revue des Deux Mondes

-       Peu après Nathalie me fait savoir que Christophe Jaffrelot, qui collabore lui aussi à ce numéro, lui a dit « C’est François Gautier, ou c’est moi ». Mais Nathalie me rassure : je ne succombe pas à ce genre de chantage »…

-       Juin 2000. Invité à un cocktail organisé par La Revue des deux Mondes, je tombe sur Leclerc de Sablon, que l’attachée de Presse me présente comme « le prochain correspondant du Figaro en Inde ». Leclerc est en compagnie de Christophe Jaffrelot.

-       Fin juin, Nathalie de Baudry m’envoie un fax que le numéro spécial est « annulé » (il est sorti en 2001)

-       Janvier 2001, comme tous las autres participants du Bouillon de Culture de Mai 2000, je suis invité par le maire de Villeneuve sur Lot pour le festival « Livres Sud » de Mars 2001, où l’Inde est à l’honneur.

-       Février 2001, je reçois une lettre de l’adjoint au maire que mon invitation m’est retirée pour cause de « désistement de sponsors ». J’interroge Jean-François Poncet, que j’ai rencontré lors du voyage de Jacques Chirac. Trois jours plus tard, JF Poncet m’envoie un fax précisant « qu’il y a bien eu pression sur les organisateurs pour que mon invitation me soit retirée ».

-       Mars 2001 : j’apprends à l’ambassade de France de Delhi que ce sont Christophe Jaffrelot et Jean Leclerc du Sablon qui ont exercé cette pression, arguant « de mon caractère antimusulman et fasciste ».

Mai 2001, je suis expulsé du Figaro.

-       Septembre 2001, au discours de la remise d’un prix à la Sorbonne à l’historienne indienne Romila Thapar, connue pour son marxisme et son négationnisme, Max Zincs du CERI cite « les regrettables vues de droite de l’ancien correspondant du Figaro, qui heureusement ne peut plus sévir ». Leclerc du Sablon était-il là ?

 Il est clair que la section CNRS Asie du sud dirigée par Christophe Jaffrelot, ainsi que la majorité des indianistes français m’ont pris très rapidement en grippe, en particulier après mes articles sur les religions en Inde parus dans les pages du Figaro en 1996. Ils ont écrit lettre sur lettre au Figaro demandant droit de réponse. FO Giesbert m’a toujours défendu . Malheureusement les Indianistes français avaient des contacts au Service Etranger, en particulier avec C. Lambroschini et de Saint Exupéry et ont trouvé un interlocuteur sympathisant en Leclerc du Sablon, qui a rapidement convoité le poste Inde, car il a eu du mal à se réadapter à la vie parisienne. A partir du moment ou FOG est parti du Figaro, mon sort était scellé, même si j’ai toujours eu une bonne relation avec tous les services du journal, qui n’a jamais eu à se plaindre de moi

Est-ce que l’attentat de #CharlieHebdo a tout changé? @LeFigaro.fr est -il prêt à réparer l'injustice qui m'a été faite? De nombreux de mes articles sur le Pakistan par exemple et le cachemire étaient en avance sur leur temps. Affaire à suivre